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Iggy & The Stooges : L’énergie brute du protopunk

Iggy and the Stooges

Iggy & The Stooges (ou simplement The Stooges) incarnent l’énergie la plus sauvage et la plus brute du Protopunk. Venus de Detroit, leur son minimaliste, agressif et saturé de « fuzz » (distorsion sale) – combiné aux performances scéniques chaotiques et autodestructrices de leur leader, Iggy Pop – a posé les fondations directes du Punk Rock de 1977. Là où Patti Smith a apporté la poésie, les Stooges ont apporté le danger.

Fiche d’identité de Iggy & The Stooges

Style(s) : Protopunk, Garage Rock, Hard Rock, Punk Rock
Origine : Ann Arbor, Michigan (États-Unis)
Année de création : 1967
Statut actuel : Séparé (Dissolution en 1974, réunion de 2003 à 2016)
Membres emblématiques : Iggy Pop (chant), Ron Asheton (guitare, puis basse), Scott Asheton (batterie), Dave Alexander (basse, 1967-1970), James Williamson (guitare, 1971-1974)
Album culte : Raw Power (1973)

L’histoire de Iggy & The Stooges : Biographie, membres et influences

Biographie : Les grandes étapes du groupe

En 1967, Iggy Pop (de son vrai nom James Osterberg), alors batteur de blues à Detroit, a une révélation en voyant un concert de The Doors. Fasciné par la performance « sauvage » de Jim Morrison, il décide de devenir « frontman ». Il forme les « Psychedelic Stooges » avec les frères Ron Asheton (guitare) et Scott Asheton (batterie), et le bassiste Dave Alexander.

Signés par Elektra (le label de The Doors), leur premier album, The Stooges (1969), est produit par John Cale (du Velvet Underground). L’album est minimaliste, brutal, construit sur des riffs répétitifs (I Wanna Be Your Dog, No Fun). C’est un échec commercial total.

En 1970, le groupe sort Fun House. Le son est un chaos « free-jazz punk », capturant l’énergie brute de leur live avec des solos de saxophone dissonants. C’est un nouvel échec. Le groupe, rongé par les drogues (héroïne), est lâché par son label.

Le groupe se sépare une première fois. En 1972, Iggy Pop rencontre David Bowie, qui est un immense fan. Bowie lui obtient un contrat chez Columbia et l’emmène à Londres pour enregistrer un album. Iggy recrute le guitariste James Williamson et, ne trouvant pas de section rythmique, rappelle les frères Asheton (Ron passant à la basse). Le groupe est reformé sous le nom « Iggy & The Stooges ».

En 1973, ils sortent Raw Power. L’album est produit par Iggy, mais c’est David Bowie qui réalise le mixage final, lui donnant un son « glam-punk » métallique et sursaturé. Search and Destroy devient un hymne. C’est (encore) un échec commercial. Le groupe se sépare à nouveau en 1974 dans le chaos, l’indifférence générale et la toxicomanie.

C’est après leur mort que leur influence va exploser. Le Punk Rock 77 (Sex Pistols en tête) les vénère. Les Stooges deviennent le groupe culte par excellence, les « parrains » du punk. Le groupe se reformera triomphalement en 2003 et sera intronisé au Rock & Roll Hall of Fame en 2010.

Les membres clés

  • Iggy Pop (Chant) : Le « frontman » ultime et « l’Iguane ». Il a inventé la performance scénique punk : la confrontation avec le public, le « stage diving » (plongeon dans la foule), et une énergie animale, dangereuse et incontrôlable.
  • Ron Asheton (Guitare / Basse) : (Guitare 1967-1971, Basse 1972-1974). Le « guitar hero » du Protopunk. Son style (sur The Stooges et Fun House) n’est pas technique, mais basé sur le « fuzz » (saturation), la « wah-wah » et le riff « sale » et hypnotique.
  • Scott Asheton (Batterie) : Le moteur. Un jeu « tribal », primal, puissant et minimaliste.
  • James Williamson (Guitare) : (1971-1974). Le son de Raw Power. Un style de guitare plus « technique » et agressif que Ron Asheton, plus « glam-metal » mais tout aussi chaotique.

Les influences revendiquéess

Iggy Pop était à l’origine un batteur de blues de Chicago (Muddy Waters). Les influences du groupe sont le rhythm and blues (Little Richard, Chuck Berry), le garage rock des années 60 (The Sonics), et surtout la scène de Detroit (MC5). La révélation pour Iggy fut The Doors (pour la performance de Jim Morrison) et The Velvet Underground (pour le « noise » et le son « arty »). L’album Fun House est, lui, directement influencé par le Free Jazz (John Coltrane, Ornette Coleman).

Héritage

Iggy & The Stooges sont les pionniers du Punk Rock 77. Ils lui ont fourni l’énergie, le son (guitares « sales »), et l’attitude (nihilisme, confrontation). Iggy Pop a inventé la performance scénique punk moderne. Leur son abrasif et « lo-fi » (basse-fidélité) a été une influence majeure pour le rock alternatif des années 80 (Sonic Youth) et le Grunge des années 90 (Nirvana, Mudhoney).

Au cœur du son : Analyse du matériel et des techniques

Le son de The Stooges

Le son Stooges est primal, minimaliste et agressif.

  • Période 1 (Stooges/Fun House) : C’est le son « garage » poussé à l’extrême. La guitare de Ron Asheton est un mur de Fuzz (saturation). La section rythmique est hypnotique et « tribale ». Sur Fun House, le son s’ouvre au chaos du free jazz, avec des solos de saxophone dissonants.
  • Période 2 (Raw Power) : Le son est plus « métallique » et « glam ». Les guitares de James Williamson sont des « lames de rasoir » sursaturées. Le mixage (par David Bowie) est célèbre pour être très « fin » (peu de basses) et chaotique (tous les potards dans le rouge).
  • La voix d’Iggy : Ce n’est pas un chant, c’est un grognement, un hurlement ou une provocation. Un ton détaché et nihiliste.

Pour les musiciens

  • Iggy Pop (Voix) : Son micro de scène (souvent un Shure SM58) et son corps. Il utilisait le micro pour créer du « feedback » (larsen) autant que pour chanter.
  • Ron Asheton (Guitare) :
    • Guitares : Gibson Les Paul (TV Yellow Special), Gibson Flying V.
    • Amplis : Des Marshall Super Lead 100W (« Plexi ») poussés à fond.
    • Effets (Crucial) : Une pédale Vox Tone Bender ou Dallas Arbiter Fuzz Face (pour le son « fuzz ») et une Vox Cry Baby Wah (pédale wah-wah).
  • James Williamson (Guitare) :
    • Guitares : Principalement une Gibson Les Paul Custom (noire, des années 60).
    • Amplis : Marshall et Vox AC30.

Iggy & The Stooges en 3 titres incontournables

I Wanna Be Your Dog – 1969

The Stooges - I Wanna Be Your Dog (Official Audio)

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C’est le riff Protopunk absolu. Issu du premier album, le morceau est minimaliste et menaçant. Il est construit sur une seule note de piano martelée, un riff de guitare « fuzz » (saturé) et « sale » qui tourne en boucle, et un Iggy Pop qui grogne une soumission nihiliste. C’est l’acte de naissance du son de Detroit.

T.V. Eye – 1970

T.V. Eye (2005 Remaster)

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C’est le chaos de Fun House capturé sur disque. Ce morceau est une pure agression sonore qui ouvre l’album. Il est bâti sur un riff « tronçonneuse » de Ron Asheton, une batterie « tribale », et un Iggy Pop en roue libre totale, hurlant et grognant. C’est l’énergie brute qui a directement défini le Punk Rock de 1977.

Search and Destroy – 1973

Iggy & The Stooges - Search And Destroy (Bowie Mix) (Audio)

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C’est l’hymne « glam-punk » décadent qui ouvre Raw Power. Le son a changé, il est plus métallique et les guitares (de James Williamson) sont des lames de rasoir. C’est l’hymne du « street walking cheetah » (guépard de la rue), une explosion de saturation et de nihilisme total (« I’m a runaway son of the nuclear A-bomb »).

Albums de Iggy & The Stooges

  • 1969 – The Stooges
  • 1970 – Fun House
  • 1973 – Raw Power (crédité à Iggy & The Stooges)
  • 2007 – The Weirdness
  • 2013 – Ready to Die

Albums essentiels : Les trois albums originaux sont tous des piliers du rock. The Stooges (1969) pose les bases du « garage-punk » minimaliste et hypnotique. Fun House (1970) est le chef-d’œuvre du chaos, un mélange terrifiant de rock brut et de free-jazz. Raw Power (1973) est l’explosion « glam-punk », l’album qui a le plus directement influencé la scène punk de 1977.

Les meilleurs titres de Iggy & The Stooges

  1. 1969 (1969)
  2. I Wanna Be Your Dog (1969)
  3. No Fun (1969)
  4. Down on the Street (1970)
  5. Loose (1970)
  6. T.V. Eye (1970)
  7. 1970 (I Feel Alright) (1970)
  8. Search and Destroy (1973)
  9. Gimme Danger (1973)
  10. Raw Power (1973)
  11. I Need Somebody (1973)

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Iggy & The Stooges en Live

Les concerts des Stooges (1969-1974) étaient légendaires pour leur chaos et leur violence. Iggy Pop a inventé la performance punk moderne. Il ne chantait pas seulement, il se confrontait au public, s’enduisait de beurre de cacahuète, se roulait dans du verre brisé, et est crédité de l’invention du « stage diving » (plongeon dans la foule). Leur dernier concert de l’époque, Metallic K.O., est célèbre pour être l’enregistrement d’une bataille rangée entre le groupe et un gang de bikers qui leur lançaient des objets.

Les groupes similaires

  • MC5 : L’autre grand groupe de Protopunk de Detroit. Ils étaient « frères » de scène, mais MC5 était plus politique et « hard rock », là où les Stooges étaient plus nihilistes et « garage ».
  • The Velvet Underground : L’influence « art-rock » de New York. Ils ont fourni l’aspect « noise » (bruit) et « décadent » (thèmes de la drogue) que les Stooges ont poussé à l’extrême physique.
  • Patti Smith : L’autre pilier du Protopunk. Elle représente le côté « poétique » et « arty » de New York, face au côté « physique » et « sauvage » de Detroit.
  • Sex Pistols : Les héritiers directs. Ils ont repris l’énergie « sale », le son de guitare et l’attitude nihiliste de Raw Power.
  • Mudhoney : Groupe de Grunge de Seattle, dont le son « fuzz » (saturé) et « sale » est un hommage direct aux Stooges.

Iggy & The Stooges : la synthèse du Jukebox

Iggy & The Stooges ont été le « patient zéro » du Punk Rock. En avance sur leur temps, leurs trois albums fondateurs ont été des échecs commerciaux totaux, mais leur influence posthume est incalculable. Ils ont fourni au punk son énergie, son nihilisme, son son de guitare « sale » et, à travers Iggy Pop, son attitude de confrontation scénique. Ils sont l’incarnation même du Protopunk : le rock ‘n’ roll poussé à son point de rupture.

Questions fréquentes sur Iggy & The Stooges

Bien qu’il soit difficile de le prouver, Iggy Pop est universellement crédité comme l’un des pionniers, sinon l’inventeur, du « stage dive » (ou « stage diving ») à la fin des années 60, lors des concerts chaotiques des Stooges.

David Bowie était un grand fan. En 1972, il a « sauvé » Iggy Pop de l’oubli, lui a obtenu un contrat d’enregistrement et a facilité la création de l’album Raw Power. Il a réalisé le mixage final de l’album, lui donnant ce son « glam-punk » très aigu et métallique.

Ce surnom date de l’époque où il était batteur dans son groupe de lycée, « The Iguanas ». Le nom est resté et collait parfaitement à sa gestuelle reptilienne sur scène.