À la fin des années 1970 à Londres, un trio décide de fusionner l’énergie brute du punk rock avec les structures du rockabilly et une fascination morbide pour les films d’horreur de série B. Ce groupe, c’est The Meteors, et le genre qu’ils viennent de créer est le Psychobilly. Mené par l’unique et intransigeant P. Paul Fenech, seul membre constant, le groupe s’impose comme le pilier d’une scène qu’il a lui-même bâtie, défendant son intégrité avec le célèbre slogan « Only The Meteors Are Pure Psychobilly » (OTMAPP). Cet article retrace l’histoire des pères fondateurs de ce genre musical.
Fiche d’identité de The Meteors
Style(s) : Psychobilly (fondateurs)
Origine : Londres, Angleterre (Royaume-Uni)
Année de création : 1979
Statut actuel : En activité
Membres emblématiques : P. Paul Fenech (chant, guitare), Nigel Lewis (contrebasse – fondateur), Mark Robertson (batterie – fondateur)
Album culte : In Heaven (1981)
L’histoire de The Meteors : Biographie, membres et influences
Biographie : Les grandes étapes du groupe
The Meteors est formé en 1979 par P. Paul Fenech (guitare et chant), Nigel Lewis (contrebasse) et Mark Robertson (batterie). Leur intention est claire : mélanger leurs influences rockabilly avec la vitesse du punk et une imagerie macabre. À cause de ce son jugé impur, ils sont rapidement bannis des scènes rockabilly traditionnelles. En 1981, ils sortent l’album In Heaven, largement considéré comme le tout premier album de Psychobilly de l’histoire, posant les fondations sonores et thématiques du genre.
Le line-up originel se sépare peu après la sortie de ce premier opus. P. Paul Fenech, déterminé, recrute de nouveaux musiciens et continue l’aventure. Le groupe devient la tête d’affiche incontournable du Klub Foot à Hammersmith (Londres), le véritable berceau de la scène psychobilly. En 1983, ils sortent Wreckin’ Crew. La chanson titre devient l’hymne de la scène et donne son nom à la danse associée, le « wrecking » (une forme de pogo).
À partir de 1984, Fenech solidifie son contrôle créatif et l’identité du groupe. Il crée le slogan « Only The Meteors Are Pure Psychobilly » (OTMAPP), se distançant volontairement de la scène qu’ils ont eux-mêmes créée, la jugeant déjà trop diluée. Le groupe enchaîne alors les albums cultes à un rythme effréné (Stampede!, Monkey’s Breath, Sewertime Blues) et tourne intensivement.
Depuis les années 1990, P. Paul Fenech est l’unique incarnation de The Meteors. Le groupe fonctionne avec un line-up en rotation constante (plus de 40 musiciens différents y ont participé). Avec une discographie immense de plus de 40 albums, le groupe continue de tourner sans relâche à travers le monde, conservant un public culte et une loyauté sans faille de la part de ses fans.
Les membres clés
- P. Paul Fenech : Il est le fondateur, le leader, le chanteur, le guitariste, le parolier et le seul membre constant. Il est The Meteors. Sa voix caractéristique, son jeu de guitare Gretsch reconnaissable entre mille et son attitude intransigeante définissent le son et l’éthique du groupe.
- Nigel Lewis et Mark Robertson : Membres fondateurs (respectivement contrebasse et batterie), leur contribution sur le premier album In Heaven est cruciale pour l’invention du son psychobilly. Ils quittent cependant le groupe dès 1981.
- Line-up fluctuant : Le groupe est avant tout le projet de P. Paul Fenech, qui s’entoure de différents musiciens pour les albums et les tournées, garantissant à la fois une évolution constante et une parfaite cohérence sonore.
Les influences revendiquées
Le son de The Meteors est une fusion de trois influences principales :
- Le Rockabilly et le Rock’n’Roll des années 1950 : Des artistes comme Gene Vincent, Link Wray (pour la guitare agressive) et Screamin’ Jay Hawkins (pour le côté théâtral et horrifique).
- Le Punk Rock des années 1970 : L’énergie brute, la vitesse et l’attitude « Do It Yourself » (faites-le vous-même) de groupes comme The Damned ou les Sex Pistols.
- La Culture Série B : Une fascination profonde pour les films d’horreur, la science-fiction à petit budget, les monstres de la Hammer et le macabre, qui infuse toutes leurs paroles et leur imagerie.
Héritage
L’héritage de The Meteors est total et incontesté : ils sont les inventeurs du Psychobilly. L’album In Heaven (1981) est le point de départ officiel du genre. Ils ont défini le son (contrebasse « slap » rapide, guitare punkabilly), l’imagerie (horreur et science-fiction) et même le public (la « Wreckin’ Crew ») ainsi que sa danse (le « wrecking »). Leur slogan OTMAPP, bien que controversé, a cimenté leur statut unique de puristes d’un genre qu’ils ont eux-mêmes enfanté.
Au cœur du son : Analyse du matériel et des techniques
Le son de The Meteors
Le son « pur » du psychobilly selon Fenech repose sur un équilibre précis et redoutable :
- La section rythmique : Une batterie minimaliste jouant un rythme binaire (« train beat ») à très haute vitesse, couplée à une contrebasse jouée en « slap ». Cette dernière n’assure pas seulement les graves, elle est le véritable moteur percussif du groupe.
- La voix et les textes : Le chant de Fenech mêle les « hiccups » (hoquets) du rockabilly originel aux grognements agressifs du punk, scandant des textes obsessionnels inspirés des films d’horreur de série B, des aliens et du macabre.
Pour les musiciens
- P. Paul Fenech (Guitare & Effets) : Il est l’icône absolue de la guitare Gretsch dans le milieu psychobilly. Il utilise principalement des modèles « hollow-body » (à caisse creuse) comme la G6120, branchées dans des amplis Fender ou Marshall poussés pour obtenir une saturation naturelle. La marque Gretsch a d’ailleurs créé un modèle signature en son honneur (la G6136SLBP P. Paul Fenech Signature Falcon). Son arme secrète est l’utilisation systématique d’un écho « slapback » (un delay analogique très court) qui donne ce claquement nerveux à ses riffs.
- La Contrebasse Psychobilly : Pour obtenir ce son percussif si caractéristique qui claque contre le manche de l’instrument, les contrebassistes de psychobilly délaissent souvent les cordes en métal pour utiliser des cordes en nylon, en Kevlar ou en boyau traditionnel (gut strings), beaucoup plus souples et adaptées à la violence de la technique du slap à haute vitesse.
The Meteors en 3 titres incontournables
Voodoo Rhythm – 1981
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C’est le titre qui ouvre In Heaven, l’album considéré comme l’acte de naissance officiel du Psychobilly. Il pose immédiatement les bases : la contrebasse rapide, la guitare « twangy » mais nerveuse, les thèmes (voodoo, horreur) et la voix caractéristique de Fenech. C’est le « patient zéro » du genre.
Wreckin’ Crew – 1983
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Ce titre est l’hymne absolu du Psychobilly. Extrait de l’album du même nom, il a donné son nom à la danse frénétique du genre (le « wrecking pit ») et à son public (la « Wreckin’ Crew »). Il capture mieux que tout autre l’énergie brute, la sueur et l’esprit de la scène live que The Meteors a créée au Klub Foot.
Chainsaw Boogie – 1991
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Ce choix montre l’évolution et la longévité du groupe. Issu de l’album Madman Roll, ce titre dévoile un son plus lourd, plus affirmé, avec une production presque « rock ». Il prouve que The Meteors a su porter son son dans les années 1990 sans jamais perdre son identité ni son agressivité rythmique.
Albums de The Meteors
La discographie complète de The Meteors compte plus de 40 albums studio et live. Voici une sélection des albums studio les plus marquants de leur première décennie :
- 1981 – In Heaven
- 1983 – Wreckin’ Crew
- 1984 – Stampede!
- 1985 – Monkey’s Breath
- 1986 – Sewertime Blues
- 1987 – Don’t Touch the Bang Bang Fruit
- 1988 – The Mutant Monkey and the Surfers from Zorch
- 1991 – Madman Roll
- 1992 – Demonopoly
- 2024 – 40th Anniversary Trash Live
Albums essentiels : Pour débuter avec The Meteors, trois albums s’imposent. In Heaven (1981) est l’acte de naissance, l’album qui a tout inventé avec un son encore brut et urgent. Wreckin’ Crew (1983) est l’hymne de la scène, capturant l’énergie du Klub Foot et contenant des classiques absolus. Enfin, Stampede! (1984) confirme leur domination avec un son plus affirmé, puissant et une production plus maîtrisée.
Les meilleurs titres de The Meteors
- Voodoo Rhythm – 1981 – In Heaven
- Psycho for Your Love – 1981 – In Heaven
- Wreckin’ Crew – 1983 – Wreckin’ Crew
- Mutant Rock – 1983 – Wreckin’ Crew
- Stampede – 1984 – Stampede!
- Strange Times Are Coming – 1984 – Stampede!
- I’m Just a Dog – 1985 – Monkey’s Breath
- Sewertime Blues – 1986 – Sewertime Blues
- Repo Man – 1987 – Don’t Touch the Bang Bang Fruit
- Surfin’ on the Planet Zorch – 1988 – The Mutant Monkey and the Surfers from Zorch
- Chainsaw Boogie – 1991 – Madman Roll
Où écouter ce Best Of ?
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The Meteors en Live
La réputation live de The Meteors est intense. Ils sont les rois fondateurs du Klub Foot, le club mythique d’Hammersmith à Londres où la scène psychobilly est née au début des années 1980. C’est là que le « wrecking » (la danse psychobilly, un pogo plus « horizontal » et intense) est apparu, mené par la « Wreckin’ Crew », le nom donné au public fidèle du groupe. Les concerts sont énergiques, sans concession, menés par un P. Paul Fenech charismatique et intimidant. Pour The Meteors, le public est une partie intégrante du show. L’album Live at the Klub Foot (1983) capture parfaitement cette ambiance électrique.
Les groupes similaires
- Guana Batz : Les « rivaux » historiques de la scène du Klub Foot, connus pour leur son tout aussi rapide et énergique.
- Demented Are Go : Influencés par The Meteors, ils représentent la vague suivante, poussant le son vers des extrêmes plus chaotiques et « horror ».
- The Cramps : Les « cousins » américains. Bien que musicalement différents (plus lents, plus « voodoo-blues »), ils partagent les mêmes influences fondamentales : le rockabilly des années 50 et l’imagerie des films d’horreur de série B.
- Batmobile : Pilier de la scène hollandaise, ce trio a été fortement influencé par la première vague du Klub Foot, proposant un son très « rock’n’roll » et efficace.
The Meteors : la synthèse du Jukebox
The Meteors ne sont pas juste un groupe de psychobilly ; ils sont le groupe qui a créé le genre. Ils lui ont donné son nom, son son, son imagerie et son attitude. Mené par l’intransigeant P. Paul Fenech, leur slogan « OTMAPP » (Only The Meteors Are Pure Psychobilly) résume parfaitement leur position : ils sont les gardiens du temple d’un genre qu’ils ont inventé et qu’ils continuent de défendre avec une intégrité féroce et sans compromis, plus de 40 ans plus tard.
