Membre du « Big Four », Slayer est unanimement reconnu comme le groupe le plus agressif, rapide et sombre du thrash metal. Issus de Californie, ils ont fusionné la vitesse frénétique du punk hardcore avec l’imagerie sombre du speed metal. Leurs thèmes controversés (guerre, satanisme, tueurs en série), la batterie révolutionnaire de Dave Lombardo et les solos chaotiques de Jeff Hanneman et Kerry King ont défini le metal extrême et ont influencé des générations de musiciens.
Fiche d’identité de Slayer
Style(s) : thrash metal, speed metal
Origine : Huntington Park, Californie (États-Unis)
Année de création : 1981
Statut actuel : Séparé (tournée d’adieu finale en 2019)
Membres emblématiques : Tom Araya (basse, chant), Jeff Hanneman (guitare), Kerry King (guitare), Dave Lombardo (batterie)
Album culte : Reign in Blood (1986)
L’histoire de Slayer : Biographie, membres et influences
Biographie : Les grandes étapes du groupe
Formé en 1981 à Huntington Park, Slayer se fait rapidement remarquer sur la scène metal de Los Angeles pour son imagerie satanique et sa vitesse d’exécution. Les albums Show No Mercy (1983) et Hell Awaits (1985) posent les bases d’un son plus sombre et plus rapide que leurs contemporains.
En 1986, le groupe rencontre le producteur Rick Rubin et livre son chef-d’œuvre : Reign in Blood. En 28 minutes, l’album redéfinit le metal extrême. C’est le disque de thrash metal définitif, d’une vitesse et d’une brutalité inégalées, porté par les hymnes « Angel of Death » et « Raining Blood ».
Pour éviter la redite, le groupe ralentit le tempo sur South of Heaven (1988), créant un son plus lourd, « doom » et oppressant. L’album suivant, Seasons in the Abyss (1990), est la synthèse parfaite de leur art : il combine la vitesse de Reign in Blood avec les atmosphères sombres de South of Heaven.
Après le départ du batteur Dave Lombardo, les années 90 sont plus expérimentales (Diabolus in Musica). Le retour de Lombardo et l’album God Hates Us All (sorti le 11 septembre 2001) marquent un retour en force.
L’ère classique du groupe prend fin tragiquement en 2013 avec le décès du guitariste et compositeur principal Jeff Hanneman. Le groupe continue avec Gary Holt (Exodus) à sa place, sort un dernier album, Repentless, et entame une tournée d’adieu mondiale, tirant sa révérence définitivement en 2019.
Les membres clés
- Tom Araya (Basse, Chant) : La voix de Slayer. Son cri d’ouverture sur « Angel of Death » est légendaire. Son style vocal unique est un « cri » parlé rapide, parfait pour déclamer les thèmes sombres et violents du groupe.
- Jeff Hanneman (Guitare) : Le compositeur principal de l’âge d’or (auteur de « Angel of Death », « Raining Blood », « South of Heaven »). Son style de solo était chaotique, dissonant et basé sur le feedback. Il était le membre le plus influencé par le punk.
- Kerry King (Guitare) : L’autre pilier de la guitare, avec son look iconique (crâne rasé, tatouages, chaînes). Son style de solo est tout aussi chaotique et agressif, privilégiant la vitesse et la « whammy bar ».
- Dave Lombardo (Batterie) : Le parrain de la batterie metal extrême. Son jeu rapide en double grosse caisse, ses « fills » imprévisibles et son utilisation des toms ont influencé des milliers de batteurs après lui.
Les influences revendiquées
L’influence la plus cruciale sur la vitesse et l’agression de Slayer est le punk hardcore. Jeff Hanneman, en particulier, était un fan immense de groupes comme Dead Kennedys, Minor Threat et D.R.I. Cette énergie a été fusionnée avec l’imagerie sombre du speed metal de Motörhead et Venom, ainsi qu’avec l’agressivité du heavy metal de Judas Priest.
Héritage
Slayer est l’un des « Big Four » du thrash metal (avec Metallica, Megadeth, Anthrax), et souvent considéré comme le plus extrême et le plus « pur » du lot. Leur son – riffs chromatiques, solos atonaux, batterie ultra-rapide – a directement posé les bases du death metal et a fortement influencé le black metal. Ils ont mené une carrière sans compromis, refusant de changer leur son ou leur image pour le succès « mainstream ».
Au cœur du son : Analyse du matériel et des techniques
Le son de Slayer
La signature de Slayer réside dans ses « anti-solos ». Les solos de Hanneman et King ne sont pas mélodiques (comme chez Iron Maiden). Ils sont chaotiques, atonaux, dissonants, basés sur l’utilisation extrême de la barre de vibrato (« whammy bar ») pour créer des « hurlements » de guitare.
La batterie de Dave Lombardo est l’autre pilier. Sa vitesse et sa puissance étaient pionnières, notamment son utilisation de la double grosse caisse de manière si rapide et constante, posant les bases du « blast beat » (rafale de batterie) moderne. Les riffs de guitare sont rapides, souvent chromatiques (qui ne suivent pas une gamme « agréable ») et utilisent l’intervalle du triton (l' »intervalle du diable »), hérité de Black Sabbath, pour un son « maléfique ».
Pour les musiciens
- Kerry King & Jeff Hanneman (Guitares) : Ils sont indissociables des guitares B.C. Rich (King, notamment le modèle « Warlock ») et ESP (Hanneman, avec son modèle signature).
- King & Hanneman (Amplis) : Le son thrash à l’état pur. Des têtes d’ampli Marshall JCM800, « boostées » (saturées) par un égaliseur graphique MXR 10-bandes (réglé en « V » ou « frown » – froncement de sourcils – pour creuser les médiums) et un « treble booster ».
- Tom Araya (Basse) : Il utilise des basses ESP (ses modèles signature), jouées au médiator pour une attaque agressive et rapide.
- Dave Lombardo (Batterie) : Célèbre pour son utilisation de kits Tama (à l’époque classique) et de cymbales Paiste, avec un jeu très axé sur les toms.
Slayer en 4 titres incontournables
Angel of Death – 1986
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C’est le cri d’ouverture de l’album Reign in Blood. Le hurlement de Tom Araya, le riff d’une vitesse et d’une précision chirurgicale, et le sujet (le médecin nazi Josef Mengele) ont immédiatement créé la controverse. C’est le manifeste de Slayer : rapide, technique, brutal et provocateur.
Raining Blood – 1986
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L’hymne de clôture de Reign in Blood. L’introduction – le son de la « pluie », le riff lent en triton – est l’une des plus célèbres de tout le metal. Le morceau crée une tension qui explose en un chaos thrash avant de se terminer par le son de la pluie. C’est la quintessence de leur imagerie sombre.
South of Heaven – 1988
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Après la vitesse pure de Reign in Blood, ce titre d’ouverture surprend par son riff lent, atmosphérique et dissonant. Il a prouvé que Slayer n’était pas seulement rapide et qu’ils pouvaient créer une ambiance lourde et oppressante, pas seulement par la vitesse, mais par la composition.
War Ensemble – 1990
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C’est l’hymne « live » par excellence. L’ouverture de l’album Seasons in the Abyss est une attaque thrash pure et parfaite. Elle combine la vitesse de Reign in Blood avec la structure plus lourde de South of Heaven. Les « trade-off » solos (échanges) chaotiques entre Hanneman et King en font la définition du son Slayer de l’âge d’or.
Albums de Slayer
Voici la liste des 12 albums studio de Slayer :
- 1983 – Show No Mercy
- 1985 – Hell Awaits
- 1986 – Reign in Blood
- 1988 – South of Heaven
- 1990 – Seasons in the Abyss
- 1994 – Divine Intervention
- 1998 – Diabolus in Musica
- 2001 – God Hates Us All
- 2006 – Christ Illusion
- 2009 – World Painted Blood
- 2015 – Repentless
Albums essentiels : Pour découvrir Slayer, la « sainte trinité » est incontournable. Reign in Blood (1986) est le chef-d’œuvre absolu du thrash. South of Heaven (1988) montre leur facette plus lente et sombre. Seasons in the Abyss (1990) est la synthèse parfaite des deux.
Les meilleurs titres de Slayer
- The Antichrist – 1983 – Show No Mercy
- Hell Awaits – 1985 – Hell Awaits
- Angel of Death – 1986 – Reign in Blood
- Postmortem – 1986 – Reign in Blood
- Raining Blood – 1986 – Reign in Blood
- South of Heaven – 1988 – South of Heaven
- Mandatory Suicide – 1988 – South of Heaven
- War Ensemble – 1990 – Seasons in the Abyss
- Seasons in the Abyss – 1990 – Seasons in the Abyss
- Dead Skin Mask – 1990 – Seasons in the Abyss
- Disciple – 2001 – God Hates Us All
- Bloodline – 2001 – God Hates Us All
- Repentless – 2015 – Repentless
Où écouter ce Best Of Slayer ?
Sur YouTube :
Et sur vos plateformes habituelles :
Slayer en Live
Un concert de Slayer est une expérience physique, un « mur de son » sans concession. L’agression est pure et l’ambiance est sombre. Contrairement à d’autres groupes, il y a très peu de « banter » (blabla) de la part de Tom Araya, qui laisse parler la musique. L’imagerie est forte (logos, aigle, pentagrammes) et leurs concerts sont réputés pour avoir les mosh pits les plus intenses du metal.
Les groupes similaires
- Metallica : Le plus grand du « Big Four » du thrash metal, plus mélodique et complexe dans ses structures.
- Megadeth : L’autre pilier du « Big Four », connu pour sa technicité, ses solos virtuoses et ses compositions complexes.
- Anthrax : Le pilier « crossover » (mi-punk, mi-metal) du « Big Four », plus axé sur l’humour et l’énergie hardcore.
- Kreator / Sodom : Les équivalents allemands du thrash metal, partageant la même brutalité, la même vitesse et les mêmes thèmes sombres que Slayer.
- Cannibal Corpse : Les héritiers directs. Le death metal n’existerait pas (ou serait très différent) sans la vitesse, l’agression et les thèmes violents de Slayer.
Slayer : la synthèse du Jukebox
Slayer est le groupe le plus extrême, le plus rapide et le plus pur du « Big Four » du thrash metal. Ils n’ont jamais fait de compromis, ni sur leur son, ni sur leur image. Ils ont repoussé les limites de la vitesse et de l’agression, posant les bases de tous les genres de metal extrême (death, black). Leur carrière s’est terminée au sommet, avec une intégrité intacte, laissant derrière elle l’un des albums les plus importants de l’histoire du metal : Reign in Blood.
